Biography

BIOGRAPHY

Michèle Magema is a Congolese-French video, performance, and photography artist. She was born in Kinshasa  Démocratic Républic of Congo in 1977. She emigrated to Paris, France in 1984, where she currently resides.

In 2002 she received her MA in fine arts from l’Ecole Nationale Supérieure d’Arts de Cergy. In addition to being a resident artist at Cité Internationale des Arts, she has participated in the Africa Remix Exhibition. Her work has been exhibited in the Global Feminisms exhibition at the Brooklyn Museum, the Hirshoron Museum, and Sculpture Garden.

One of her most well-known works is Oyé Oyé, (2004) a two‐channel video installation, in which a woman (Magema) is shown marching in place on the left, while on the right historic footage of Zaire’s Mobutu Sese Seko overseeing parades of Congolese cultural pride.

A key focus, for her, is articulating a permament exhange between  individual  stories, collctive  memorie and History.

 

Le travail de Michèle MAGEMA s’érige dans une zone intermédiaire, une sorte d’espace mental, à une frontière situé entre les doubles projections occidentales et africaines.  La pluralité de ses appartenances l’autorise à interroger son histoire et celle d’une nation, d’un continent et plus largement encore du Monde. Le rapport qu’ elle entretient aux histoires, et à l’Histoire lui permet aussi d’inventer une posture critique pour mieux démembrer ce qui tient lieu d’une représentation largement partagée, et qui est venue remplacer l’Histoire : l’exotisme.

La féminité exacerbée et engagée de son art se manifeste par l’utilisation fréquente de sa propre image comme référence. Elle utilise des faits historiques ou des histoires individuelles, qu’elle interprète au moyen de mises en scène frontales et de différentes métamorphoses. Ses identités plurielles offrent l’image d’un être libre, contemporain et hiératique face l’histoire et aux histoires .
 
L’exploration de cette entité féminine se déplaçant à travers la cité, le temps, l’espace, la
mémoire et l’Histoire, redéfinie une identité hybride . A travers, ces personnage double parfois, l’artiste suit un parcours nivelé à une double identité. A partir de murs d’images, elle expose son corps comme métaphore du face à face que l’être humain entretient avec le monde.
Un face à face qui recouvre le champ de l’espace politique et social, mais également existentielle, voire même anthropologique.

C’est pourquoi, et bien qu’ayant une formation de peintre, le choix de la vidéo s’est naturellement imposé, en raison du rapport immédiat et direct que ce médium entretient avec le réel, et la réalité (en tant que la réalité, c’est du réel + de l’idéologie et de la culture).
La photographie, elle, résume souvent l’action à une image instantanée, alors que la vidéo permet de rendre compte de la globalité d’un moment, y compris au sens historique. C’est une des raisons pour lesquelles, le double, la confrontation de deux images apparemment séparées, revient avec insistance dans son travail.
 
Le choix des images sérielles ou des écrans multiples éclaire et figure un nœud problématique dans l’histoire récente d’un continent en perpétuel mutations.
L’impureté fondatrice de la vidéo lui permet ainsi de brouiller les limites qui la sépareraient d’autres pratiques artistiques. Il ne s’agit pas ici de défendre une esthétique de la vidéo comme art total, mais davantage de l’envisager comme une pratique hybride, en constante redéfinition, en raison même de la difficulté à contenir le médium dans un registre et un domaine clos. Essentiellement ouverte, et impure, la vidéo permet la convocation d’une hétérogénéité que l’artiste retrouve dans une certaine tradition africaine : l’oralité.
 
Et s’il lui fallait définir la vidéo, elle la situerai de ce côté là, du côté d’une pratique combinatoire (son, images, présence intensive du corps et mouvement) qui réactualise l’acte de transmission orale, et impose son indéfectible modernité.