Across the souvenirs

French version :
Les images de l’artiste Michèle Magema se réclament d’une théâtralité étrange. Une femme traverse un grand pan de mur jaune : Déambulation. Elle se dédouble et son image se croise et se décroise, en montant un grand escalier : Expansion. Puis elle trace inlassablement une ligne à la craie, sur une ardoise géante, pour ensuite l’effacer avec de l’eau : Transcription. Dans la vidéo Across the souvenirs, l’artiste propose à l’imaginaire du spectateur d’emprunter trois univers dans lequel l’espace et le temps sont hors réalité.

Pour chaque scénette le temps semble ralenti. La structure de l’image situe la scène entre l’intériorité d’un corps mouvant et l’extériorité d’un espace figé.  Entre ouvert et fermé l’histoire paraît se situer dans un temps imaginaire qui n’appartenant pas vraiment au passé, ni au futur et non plus au présent. Elle est en dehors du temps. L’artiste puise dans la mémoire collective des histoires individuelles pour proposer des questionnements métaphysiques à travers des images énigmatiques.

Dans Image temps, Gilles Deleuze, souligne le fait que « des personnages pris dans des situations optiques ou sonores, se trouvent condamnés à l’errance ou à la balade ». Dans Accross the souvenirs l’artiste, conçoit cette errance tel un parcours migratoire. Chaque scène est une énigme poétique qui permet d’atteindre une universalité.